LA RELIGION

 

LES RASSEMBLEURS GITANS PARTENT
 A LA (RE) CONQUÊTE DE LEUR PEUPLE 
(L'Indépendant de Perpignan du 2 décembre 2000)
DE SAINT JACQUES AU VERNET. En moins d'un demi-siècle les us et coutumes de la communauté gitane, ont changé et ont alimenté l'histoire de ce peuple. L'alcool, la drogue, le Sida ont fait leur apparition. Mais au-delà de ces fléaux activement combattus aujourd'hui, c'est dans le domaine cultuel que la communauté a enregistré une véritable explosion. Pentecôtistes; évangélistes, baptistes notamment, ont séduit bon nombre de familles gitanes en proposant des aides spirituelles bien sûr, mais aussi matérielles impressionnantes. Ces assemblées de Dieu montrent une ferveur spectaculaire, toujours en progression en matière de conversion.
A cela se greffe un autre phénomène, l'installation d'églises privées. Plus clairement, certains membres de ces mouvances,
en désaccord avec leurs supérieurs hiérarchiques, ont créé depuis quelques années leur propre assemblée. A Perpignan de Saint Jacques au Vernet on en recense cinq différentes. devant ce constat, l'Église catholique, sous l'impulsion de serviteurs très impliqués dans la communauté gitane, a souhaité réagir. Une mobilisation qui s'est concrétisée il y a un an, avec la nomination de trois "rassembleurs gitans".
Une lettre de mission de trois ans. L'idée a été impulsée en Bretagne il y a une dizaine d'années et a porté ses fruits rapidement. Alors, motivé par l'exemple, en janvier 1999, Mgr André FORT, évêque de Perpignan nomme trois "rassembleurs": Pierre CIFRE, Paul SIMEONI et Henri CASAR, Raphaël VALLES devant prochainement se rajouter à ce trio. Leur mission consiste à favoriser les rencontres entre Gitans catholiques, à préparer et animer divers pèlerinages et les baptêmes, mais aussi à créer une chaîne de solidarité pour aider les plus démunis et enfin, à porter un accompagnement aux jeunes dans leur insertion sociale, professionnelle, de loisir et de foi.
Une mission confiée pour trois ans qui, selon les intéressés est déjà très positive:"Nombreux sont ceux qui, déçus, reviennent vers la religion catholique. Nous accueillons tout le monde, nous sommes tolérants et non sectaires. Les Gitans ont confiance en nous, au-delà de la recherche spirituelle, on vient nous chercher lorsqu'il y a des conflits, des peines. Nombreuses sont les brebis égarées à revenir vers le catholicisme. Nous ne sommes pas des concurrents aux autres confessions, vous savez, on ne construit pas des églises comme des assemblées!"
Les "cathos" doivent se remettre en cause. Pour rassembler à nouveau, comme le souligne Frère Daniel:"Il faut inventer une liturgie pour les Gitans en les impliquant réellement, l'Église catholique a de gros efforts à faire, il faut s'adapter à ce peuple, et pour cela il faut bousculer certaines traditions".
Et cela doit commencer par une véritable communication, en effet à Perpignan rare sont les prêtres de paroisse à connaître l'existence des rassembleurs. "On se sent un peu seul, comme abandonnés. Nos convictions et certainement notre vocation nous poussent à continuer, mais ce n'est pas évident. Nous restons convaincus qu'un jour, Dieu seul sait quand, le peuple gitan retrouvera ses vraies valeurs spirituelles au sein de l'Église catholique" affirment d'une même voix les rassembleurs gitans .
Véronique PARAYRE

NOUVELLES DE BARCELONE
   De 17 au 19 mars   a eu lieu à Barcelone la rencontre du Comité Catholique International Tsigane (CCIT) . Une centaine de congressistes se sont rassemblés , la moitié d’entre eux arrivés de Chequia , Slovaquie, Hongrie, Kosovo etc.. et l’autre moitié de France, d’Italie, d’ Allemagne, de Belgique et d’Espagne.  Le 20 mars ils se sont rendus tous ensemble a Barbastro (Huesca) en pèlerinage pour prier et honorer le bienheureux gitan Ceferino Jimenez Malla, « el Pelé ».  Au cours de la rencontre il y a eu aussi  un chaleureux  souvenir pour Mossén Jordi Garcia-Die, el capellà des gitans catalans, qui est décédé l’an dernier. Il fut celui qui a promu la première Conférence Pro Gitans à Barcelone en 1964.
 (photo) Mossén Jordi Garcia-Die, à gauche, avec l’abbé André Barthelemy, fondateur du CCIT, aux Saintes Maries de la Mer (1973).

Chaque année
Saintes Maries de la Mer les 24 et 25 mai.
Les Saintes Maries de la Mer: petite ville au cœur de la Camargue, fière de son église fortifiée du XIII° siècle reçoit chaque année au mois de mai des milliers de gitans qui viennent y vénérer Sainte Sara ainsi que les saintes Maries. Selon la légende, Sara aurait accueilli Lazare et ses deux soeurs Marthe et Marie-Madeleine ainsi que Marie-Jacobé et Marie-Salomé.
Le pèlerinage est né en 1448 lorsque furent découvertes les reliques présumées des Saintes Maries. Mais les Gitans n'y sont vraiment associés que depuis cinquante ans environ grâce au marquis de Baroncelli qui lutta pour que les "fils du vent" puissent célébrer Sainte Sara en même temps que les provençaux célébrant Marie-Jacobé et Marie Salomé.
Aujourd'hui, les Saintes rassemblent toutes les ethnies confondues (Gitans, Manouches, Rom ) et pour les familles du voyage il s'agit d'un temps fort de rencontre et de partage de ce qui fait leur vie de chaque jour. Toute la journée les familles se succèdent dans la crypte. On présente les enfants à Sainte Sara on lui parle d'un tel on la remercie pour telle grâce obtenue, on la touche, on l'embrasse, on  lui offre  une parure, on fait brûler un cierge.
Sur chaque terrain où stationnent les pèlerins une équipe de l'aumônerie est là pour vivre avec, accueillir les demandes, catéchiser les enfants, préparer des baptêmes... et tous les soirs de la semaine dans l'église des Saintes devenue trop petite retentit la ferveur gitane.